• Fujisan au patrimoine mondial de l'UNESCO

         Enfin !

      Fuji-san au patrimoine mondial de l'UNESCO

      

      On s'étonnera que l'inscription au patrimoine mondial de l'Humanité du volcan le plus célèbre du monde et du symbole de tout le Japon, le Mont Fuji, ne soit intervenue que maintenant !

     

     Fuji-san au patrimoine mondial de l'UNESCO

     

         On s'étonnera aussi de la liste sur laquelle le volcan est inscrit puisque que la majestueuse montagne a été retenue, non pas dans celle des biens naturels comme le Grand Canyon, le Lac Baïkal, l’Etna ou les Fjords de Norvège, mais bien dans celle des biens culturels avec le Mt St Michel, la Statue de la Liberté, la Grande muraille de Chine, … et les beffrois du Nord.

     

     Fuji-san au patrimoine mondial de l'UNESCO

     

    A la première interrogation, on répondra que le site a eu besoin d'une bonne toilette et d'un programme de protection sévère qui ont retardé son inscription. L'urbanisation rampante et le tourisme de masse ont quelque peu dénaturé l’endroit et les environs du Mont Fuji et les autorités japonaises ont dû s'engager à mettre en place des règles d'accès au site plus sévères ainsi qu’un programme de préservation du volcan et de ses environs.

     

    Fuji-san au patrimoine mondial de l'UNESCO

      

    Pour la deuxième interrogation, la réponse est que l’inscription sur la liste des biens culturels est une évidence tant le Fujisan est partie intégrante de la vie culturelle et des mythes japonais.

     

    Depuis le IXè siècle, l’immense volcan (3 776 m, point culminant du pays) joue le rôle de montagne sacrée. Dès cette époque, des monastères bouddhistes ascétiques (fusion du bouddhisme traditionnel d'origine chinoise et coréenne et du shintoïsme japonais) s'installent sur ses pentes. Le site devient alors un lieu intense de pèlerinages et des auberges et des sanctuaires accueillent les pèlerins venus de tout l'archipel. Encore aujourd'hui, l'ascension du Mont sacré représente une étape importante de la vie spirituelle des Japonais et  nombreux lui accordent un pouvoir de protection sur le Japon. 

     

    Pourtant ses éruptions sont redoutables (la dernière en 1707) et le tremblement de terre de mars 2011 a accumulé des forces telluriques très importantes qui laissent craindre un réveil prochain. Mais au Japon plus qu’ailleurs, ce qui détruit est aussi ce qui protège et ce qui nourrit. Pour nous occidentaux, c'est ici un des paradoxes les plus originaux de la philosophie de la vie des Japonais, qui ont appris à composer avec une nature parfois hostile (sismologie, volcanisme) et à tirer profit de ses immenses potentialités (fertilité des sols, eaux chaudes thermales, tourisme, image de marque)

      

     Fuji-san au patrimoine mondial de l'UNESCO

    Paravent, XVIIIè siècle

     

    Le Mont Fuji est aussi un monument de la culture nippone pour tous les artistes qu’il a inspiré. Dès le Moyen-Âge, la poésie japonaise s'empare du volcan et de ses mythes et on retrouve sa trace dans la plus ancienne anthologie de poésie japonaise, le Man'yôshû ("ōsh(((((Recueil de dix mille feuilles", VIIIè s.) où de nombreuses poésies waka y font référence.

     

    « Entre les pays de Kai et de Suruga se dresse haut le sommet du Mont Fuji.

    Les nuages au ciel s'attardent dans leur course.

    Les oiseaux mêmes ne peuvent s'élever au-dessus.

    Les feux qui brûlent, par ses neiges sont éteints et les neiges qui tombent, ses feux consument.

    Je ne peux parler de lui.

    Je ne peux lui donner un nom, à ce dieu mystérieux » 

     

    Aux siècles suivants, la montagne continue d'inspirer les poètes comme dans ces haïkus très célèbres :

     

    « Brume et pluie. Fuji caché. 

    Mais maintenant je vais. 

    Content.», Haïku de Matsuo Basho (1644-1694) 

     

    « Grimpe en douceur ;

    Petit escargot.

    Tu es sur le Fuji ! »  Haiku de Kobayashi Issa (1763-1828) 

     

           La peinture n’est pas en reste et dès le Moyen-Âge apparaissent les premières représentations du volcan. Mais ce sont les peintres d'estampes du XIXè s, Hiroshige et Hokusai, qui popularisent et immortalisent le Mont Fuji et en font durablement l’image emblématique du Japon.

     

    Fuji-san au patrimoine mondial de l'UNESCO 

    Utagawa Hiroshige, Les crêtes de Satta à Yui 

     

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    Katsushika Hokusai, La Grande vague de Kanagawa (1831),

    première des 46 estampes composant les Trente-six vues du mont Fuji

    ici regroupées dans un formidable diaporama de la Bnf 

     

    Le style de représentation du Fujisan par les grands maîtres de l’estampe bouleverse la peinture occidentale et inspire les plus grands artistes européens comme Van Gogh, Monet, Degas, Gauguin ou Seurat.

      

    Le Mont Fuji a également inspiré le cinéma comme ici dans Le Mont Fuji et la lance ensanglantée de Tomu Uchida (1955), un film de Samouraïs qui se veut aussi une violente critique de la société féodale ...

     

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    … et dans un genre plus léger, les jeux vidéos :  le Mont Argenté des versions Or et Argent du jeu Pokemon est directement inspiré par le Fujisan.

     

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          Et bien sûr, je n’oublie pas Florent Chavouet qui s’est attelé avec son immense talent à continuer la série d’Hokusai :

      

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