• Ai no namida

    Texte de Marina Lefrançois, illustrations de Clément Dequidt

    Photos Semaine Japon au lycée Corot

     

     

     Encore une belle journée d’automne, calme et paisible. Aujourd’hui comme chaque jour, j’ai vu le soleil se lever et les nuages se dissiper…Les moines et moniales sont réunis tout autour de nous, silencieux, ils observent la scène qui se déroule devant leurs yeux. Le bonze récite quelques tantras, priant Bouddha d’accorder à nos âmes le pardon dont lui seul est capable. Agenouillée au côté du moine Shunsuke, pieds et poings liés, une fleur de lotus blanche ayant trouvé place entre nos mains, nous attendons. L’homme qui va sceller nos destins se montre enfin, habillé comme mes frères moines, il a cependant à la main un étui long et fin. J’avais été informée de mon sort mais maintenant que l’avenir s’obscurcissait, je sentais les larmes couler le long de mes joues et mon cœur devenir fou dans ma poitrine. Le bruit de la lame glissant contre l’étui se fit entendre et ces dernières semaines défilèrent à toute vitesse devant mes yeux…

     Cela faisait maintenant plus de huit ans que j’étais moniale. Jamais je n’avais fait un écart de conduite, pas même lorsque j’étais encore novice mais lorsque je vis pour la première fois le moine Shunsuke, je m’inclinais bien entendu comme le veulent les règles et me présentais. Il semblait jovial et souriait. Nous passèrent plusieurs minutes à discuter de son arrivée dans notre temple et du temps qu’il comptait y passer. Nous nous séparâmes avec l’envie et l’espoir communs de nous recroiser et de discuter à nouveau. Plusieurs semaines passèrent sans aucun signe de vie de sa part. ; pour la mienne, je n’étais pas retournée au bâtiment des hommes depuis ce jour. Enfin, une novice se fit ordonner et m’offrit l’occasion de le croiser. Nous échangeâmes un regard dans lequel pouvait se deviner un certain plaisir mais le silence était de rigueur, installés à l’opposé l’un de l’autre, nous observâmes la cérémonie.

     Quand tout cela fut fini, nous sortîmes et fîmes quelques pas sans paroles, la simple présence de l’autre nous suffisant amplement. Il gravit les marches rocheuses qui menait au bâtiment des femmes à mes côtés en contemplant la beauté de la nature qui nous entourait. Arrivés devant le seuil, il me gratifia d’un doux regard et, avant de s’éclipser, d’un sourire enchanteur. Mon cœur s’emballa et je le regardai disparaître.

     Cette nuit là, prise de remords effroyables, je ne trouvai pas le sommeil. Son image harcelait sans cesse mon esprit, son regard, son sourire, sa peau qui semblait si douce. Je décidai donc d’aller chercher un peu de repos et de sérénité sur les sentiers du jardin. La lune pâle éclairant mon chemin, je découvrais la splendeur de la nuit étoilée, les ombres flottantes des divers végétaux sur l’herbe fraîche. La simple lueur de la lune apaisait mon esprit torturé mais ce repos salutaire fut troublé par des bruits de pas. Je me retournai et l’aperçus, lui, ici, dans le jardin des moniales, mais que venait-il donc y faire ?

     Il avait un pas léger et aérien. Lorsqu’il arriva à mon niveau, nous marchâmes ensemble et lorsque je lui demandai avec le plus de politesse possible ce qu’il venait faire ici à cette heure avancée de la nuit. Il me retourna la question avec ce sourire enchanteur dont il avait le secret. Je lui dis simplement que je peinais à trouver le sommeil et que la nuit était un spectacle à contempler au moins une fois dans la vie. Il sourit de nouveau et m’expliqua que lui non plus n’arrivait pas à dormir et qu’espérant se fatiguer un peu, il avait décidé de se promener au clair de lune. Je ris doucement et lui demandai si tout cela était la réelle raison de sa présence dans le jardin des moniales. Son doux sourire se rétrécit quelque peu et croisant ses bras, il avoua qu’il avait entendu des pas sur la roche et qu’il avait espéré que ces pas m’appartiendraient.

     Le silence se fit, alors que gênée et sans doute rougissante je réfléchissais à ce que dirait le bonze si par malheur il découvrait qu’un moine était en ce moment même dans le jardin des moniales accompagné de l’une d’entre elle. Nous serions sans aucun doute punis, mais quelle serait la punition? Mes traits durent se tirer durant ma réflexion, car c’est anxieux qu’il m’observait à présent. Je lui dis la raison de mon trouble et il m’avoua que lui-même n’y avait pas pensé, envahi par l’espoir d’être en ma seule compagnie, loin des regards scrutateurs de certains moines et de toute oreille indiscrète. Mon inquiétude se fit plus grande, mais ma joie la faisait taire. Il m’appréciait donc, tout comme moi je lui portais de l’intérêt.

    Je l'accompagnai jusqu'au seuil de mon bâtiment et le priai d’aller dormir sans plus attendre. Il me fit le plus beau sourire que je n'avais jamais vu jusqu’à présent sur son visage et glissa le bout de ses doigts le long de ma joue. Je le priai doucement d’arrêter et de se retirer avant de faire quelque chose de regrettable mais, les mots avaient à peine franchi mes lèvres, qu’il les emprisonna en un baiser. Il me libéra enfin et me fit promettre de venir le voir le lendemain, à la même heure dans ce même jardin. Je hochais timidement la tête, il m’embrassa de nouveau et s’en alla en silence.

     Etrangement, le lendemain je n’eus aucun mal à me lever, mais je n’arrivais pas à me concentrer, les cours de bouddhisme me parurent interminables, et la journée semblait s’étaler en longueur.  Mais enfin, le soleil embrasa l‘horizon, enfin mes sœurs allèrent se coucher et je pus sortir en douce de la petite maison qui abritait nos chambres et je courus presque jusqu’à l’endroit du rendez-vous.

     L’endroit était désert, la végétation ondulait sous le souffle du vent, la lune flottait doucement dans le ciel. Il n’était pas là, avait-il oublié? J’angoissai tout à coup, peut-être avait-il été pris hier en revenant et il avait été assigné au bâtiment et il était maintenant surveillé. Puis à mon grand soulagement, j’entendis ses pas et sa respiration, plus haletante que d’habitude, il courait. Je me retournai vers lui et sans comprendre ce qui m’arrivait, je me retrouvai allongée au sol.

     Cette nuit fut douce et infinie. De nos corps entremêlés l’amour jaillit et plongèrent nos âmes  dans les limbes du plaisir. Quand les doux rayons de soleil levant caressèrent notre peau, nous décidâmes de retourner aussi vite et discrètement que possible dans nos bâtiments respectifs, un ultime baiser pour au revoir et nous retournâmes sans bruit rejoindre nos places.

     Ce jour qui avait divinement commencé, devait devenir un enfer, ce jour était celui où les moniales devaient confesser devant la communauté réunie, leurs péchés. Cette nuit toute entière était imprégnée de péché, l’air me devint irrespirable sur le chemin du temple et la grande moniale me dévisageait avec inquiétude. Ayant pris place dans le temple, je le vis, il était pâle et sans doute aussi effrayé que moi. Les moniales défilèrent, avouant leurs divers péchés, péchés qui me semblaient si insignifiants comparés au notre. Mon tour vint et je dus me placer devant eux. De mes yeux s’échappèrent des larmes et ma voix tremblante conta la nuit précédente.

     Ma confession finie, Shunsuke fut emmené en dehors du temple par des moines et je ne tardai pas à le rejoindre. Nous fûmes ensuite enfermés séparément dans une vieille cabane inutilisée et l’on nous demanda d’attendre la décision du conseil. Les heures parurent plus longues que des années, enfin on nous informa de notre sort commun. Je ne pleurai pas, je restai simplement pétrifiée.

    Le bonze nous souhaita un repos éternel, Shunsuke me murmura une parole qui ressemblait fort à un adieu, le vent souffla et…Plus de lumière, plus de son, plus de sensation. S’en était fini de moi, de nous, des moines et moniales. Ma vie venait de prendre fin, plus tôt que je ne l’avais prévu mais pour une raison qui ne rendait pas à mes yeux cette mort futile. L’amour.

     

     

               


    4 commentaires
  • Les étiquettes perdent la tête

    Texte d'Amélia Bouchard, illustration de Clément Dequidt


    Nouvelles

     


     Eti et Quette sont deux vieilles étiquettes de mignons petits chatons indiquant aux passagers quelques règles de sécurité à respecter au sein du métro circulant sur la Yamanote Line.

    Ils sont tous deux frère et sœur et ont pour passe-temps de se disputer pour tout et n'importe quoi.

    Aujourd'hui, il est sept heures du matin à la gare de Shinagawa et c'est à ce moment que leur travail commence :

    Tout d'abord, c'est l'arrivée d'une dizaine d'enfants hauts comme trois pommes, et tous munis de casques bleus qui attira l'attention de Quette :

     - « Oh ! Regarde-les ! Qu'est-ce qu'ils sont mignons.

     - Je dirais plutôt qu'ils ont une tête de champignon.

     - Pourquoi dis-tu cela ?

     - Mais enfin, regarde-les ! Ces marmots avec leurs casques bleus, qui d'ailleurs sont affreux.

     - Eti, ils sont obligés de porter ces casques.

     - Peut-être, mais en tout cas ils sont pi-to-ya-bles !

     - Ce ne sont que des enfants qui obéissent à leurs professeurs et portent ce casque pendant les sorties scolaires pour que l'on puisse les repérer plus facilement.

     - Ah ça ! Pour être remarquables, ils le sont.

     - Tu m'exaspères … »

    Il est actuellement douze heures et le métro en direction d'Ikebukuro est plus que plein.

    Quette remarqua un homme affalé près de la porte en train de se servir de quatre appareils différents, c'est alors qu'elle demanda à Eti :

    « - Dis moi Eti, qu'est-ce-que c'est que cette drôle de machine ?

    - Quoi ça ?! Mais c'est la nouvelle console XYZ 3000 qui est sortie il y a trois jours à peine, elle vaut une petite fortune ! Les graphismes sont génialissimes et …

    - Eti ! Eti ! J'ai compris, merci.

    - Qu'est-ce que je ne ferais pas pour m'approprier un tel engin … Encore une nouvelle technologie japonaise qui surpassera une fois de plus la concurrence étrangère !

    - J'ai un frère complètement addict aux jeux vidéos qui me parle sans cesse de cela quand il a le malheur de poser les yeux sur une nouveauté, mais qu'ai-je fait au Bon Dieu ! »

    Il est maintenant quinze heures, et cela fait des heures que le métro circule sur cette même ligne, nous sommes en direction de Shinjuku :

    « - Eh bien dis donc j'ai soudainement une grosse envie de somnoler alors qu'il n'est que quinze heures …

    - Il n'en est pas question ! Tu ne t'endormiras pas sur ton lieu de travail, petit frère.

    - Mais Quette, le fait de voir tous ces gens affalés sur ces banquettes moelleuses du métro ça ne peut que me donner envie de dormir.

    - Je te rappelle que nous avons été embauchés ensemble et donc que nous devons nous serrer les coudes alors ne cherche pas à te défiler !

    - Grande sœur indigne ! Tu n'as donc aucune pitié pour ton mignon petit frère Eti ?!

    - Sûrement pas !

    - J'aurais au moins essayé … »

    Les heures passent à une vitesse fulgurante.

    Les passagers entrent et sortent par dizaines alors qu'il est déjà vingt heures :

    « - Dis Eti, ça te dit un sushi bar ce soir ?

    - Je te demande pardon ? Te rends-tu compte du prix d'un seul sushi actuellement ?!

    - Je me suis permise d'emprunter leur menu, regarde.

    - Mais enfin, que se passe-t-il ? Aurais-tu eu une augmentation ?

    - Choisis ce qui te fait envie.

    - Vraiment ! Ce que tu es gentille. Oh ! Mais c'est du thon rouge ! J'en veux ! Oh ! Je suis si heureux !

    - Tu le seras sûrement moins quand tu te rendras compte que le montant de la note aura été prélevé sur ton médiocre salaire.

    - Tu m'as coupé l'appétit … »

    Il est bientôt vingt-trois heures et pourtant le métro ne se vide pas, nous arrivons bientôt au terminus :

    « - Tu as vu ça, Quette ?

    - Quoi donc ?

    - Ces gens en costume là …

    - Oui et alors ?

    - Ils sont toujours habillés de la même façon peu importe les saisons.

    - Ces gens en costume comme tu dis sont surnommés «  salary men » et «  salary women » ce sont en général des fonctionnaires qui travaillent jusqu'à des heures très tardives. Comme tu peux le constater il est presque vingt-trois heures.

    - En effet, je me demande si ça leur arrive de prendre des vacances à ces gens là ? Ils me donnent l'impression d'être crispés.

    - Je trouve aussi, néanmoins en tant que bon citoyen et bon employé, ils se doivent de se surpasser.

    Ce n'est pas parce que toi, tu ne fais rien de tes journées que les autres en font autant.

    - Quette, je tiens à te faire remarquer que nous exerçons la même activité.

    - Tais-toi ! »

    Et c'est ainsi que cette journée se termina une fois de plus sur une dispute.

     


    1 commentaire
  •  

    Sushi-buya

    Texte de Clémence Courtiol, illustration de Clément Dequidt

    Nouvelles



    Je me souviens encore de la première fois où j'ai pris l'avion, la première fois où j'ai voyagé avec mes parents. Nous allions destination Japon ! J'avais alors neuf ans et nous posions les pieds tous les trois pour la première fois sur le sol japonais.

    Déjà petite, j'avais compris que ce pays était le mien. Nous logions dans un hôtel situé aux abords du quartier de Shinagawa. La gare me laisse encore d'amers souvenirs ; je m'y étais égarée et une vieille femme m'aida de toute sa gentillesse en ne comprenant sûrement rien à mes braillements français. Puis une fois entre les mains de mes parents, je retrouvai vite le sourire dans le rayon bonbons au combini du coin !

    Les jours suivants, nous visitions les quartiers célèbres de Tokyo tels que Harajuku, Shinjuku, Odaiba, Ginza. Pour les enfants, Tokyo est une ville très attrayante, elle regorge de couleurs, d'icônes mignonnes emblématiques en tout genre, de jeux, d'animations et autres, tout cela semblait donc surréaliste pour une petite fille de la campagne où les bâtiments n'excédaient pas plus de 5 mètres !

    Une fois de retour en France, j'avais la tête pleine de rêves et surtout de l'envie d'y retourner dans le futur.

    Douze ans plus tard, soit l'année de mes 21ans, c'est ce que je fis après avoir étudié le japonais à la fac ! Je pris l'avion au départ de l'aéroport Roissy Charles de Gaulle au nord de Paris, le vol était assuré par une compagnie Japonaise, ANA (All Nippons Airlines ). J'avais bien perdu quelques souvenirs de mon premier voyage au Japon, en partie l'attente difficile des onze heures de vols confinée dans l'avion où chacun avait sa propre méthode ; tenter de dormir, regarder des films ou bien encore écouter de la musique ; ou d'autres comme moi ne faisaient que de zyeuter par le hublot ainsi que fixer la carte de la trajectoire de l'avion qui s'affichait sur le petit écran du siége de devant.

    Une chose est sûre, l'impatience nous rongeait tous, étrangers comme Nippons. L'avion atterrit vers 15h à l'aéroport de Narita. Quand mes pieds frôlèrent à nouveau le sol japonais, je ressentis cette même vague d'émotion comme lors de mon premier voyage. J'étais d'une certaine façon revenue CHEZ moi.

    Ce voyage, je ne l'avais pas vraiment préparé. Je suis partie le premier jour d'août en comptant rentrer à la fin du mois quand j'en aurais alors appris suffisamment sur le pays de mes rêves pour revenir en France. J'avais réservé une chambre dans un sakura-house dans le quartier très prisé de Shibuya et je ne savais dès lors pas encore ce qui allait m'arriver...

    Les premiers jours, je passai le plus clair de mon temps à faire du repérage, il fallait absolument que je trouve un petit boulot, un "baito" comme on dit ici. Combinis, restaurants, magasins en tous genres. Je fis le tour de chacune des boutiques du quartier et je finis par trouver un job de serveuse dans un sushi-bar portant le nom de Sushi-buya ; ce qui me fit rire la première fois où je le vis !

    Le salaire était correct pour le peu de travail que j'avais à fournir et celui-ci me permettait de profiter aussi de mon séjour. Le jour où je reçus ma paye par le patron du restaurant, je décidai d'aller m'amuser un peu dans les boutiques de vêtements du coin afin de me refaire une garde-robe adaptée à la température extérieure, celle ci étant plutôt lourde et accablante pour une petite Française nordiste comme moi ! Mes yeux furent tout de suite attirés par une tour grise qui semblait toucher le ciel par sa hauteur ; le Shibuya 109 ! "Je vais sûrement y trouver mon bonheur" pensais-je.

    Ma première impression fut que dans cette tour la musique résonnait aussi fort que les salutations des vendeuses, le bruit de cette foule me donna intensément mal à la tête. Je m'aventurai dans une des boutique de la tour quand une vendeuse aux ongles extrêmement longs et décorés m'adressa la parole dans un japonais très aigu et accentué. Elle était comme toutes les nombreuses vendeuses de la tour, petite, mince, visage de poupée décoré de manière à renforcer cette idée, les cheveux roux bouclés et habillée par la marque de la boutique.

    Je fus très surprise la première fois où je vis cette étrange spécimen, mais j'appris par mes propres sources que cela était en fait une mode très rependu à Tokyo et qu'elles portaient même le jolie surnom de " Gals" ou encore de "Gyaru".

    Depuis cette fameuse découverte, toute ma paye servit à renflouer les caisses de la Tour 109 et de fil en aiguille, je m'y fis quelques amies ; Erina, Tsukasa ou encore Mika.

    Sous leur influence, je finis moi aussi par avoir de longs ongles excessivement décorés et des extensions de cheveux à m'en remplir tout le crane ! Je fut transformée de jour en jour, de plus en plus et il n'était pas rare de nous apercevoir dans les rues de Shibuya ou parfois dans la Takeshita Dori d'Harajuku quand on daignait s'aventurer hors de notre quartier de prédilection.

    Pendant mon séjour, je fus la " Gajin" la plus connue de tout Shibuya !

    Mais mon séjour au Japon toucha bientôt à sa fin et le retour en France fut inévitable. La veille de mon départ, je passais une dernière fois au Shibuya 109 rendre visite à mes amies les Gals, puis je me rendis chez le propriétaire de mon appartement afin de lui remettre mes clés.

    Encore une fois, quitter le Japon fut une grosse déception, une partie de moi quoi que je puisse y faire resterait là-bas. Cette nouvelle expérience au pays du soleil levant mais aussi de la mode abusive et du kitch m'avaient de nouveau appris bien des choses, comme si là bas tout était à apprendre.

    Une fois le pied en France, je retrouvais mes parents qui m'attendaient à l'aéroport. Je vis ma mère quand elle poussa un cri strident en me voyant. J'avais juste oublier d'enlever talons, extensions, faux ongles et autres souvenirs de ma célébrité éphémère ... de l'autre bout du monde !


    5 commentaires
  • L'hôtel étrange et sans fin

     Texte d'Emilie Hermant, illustration de Clément Dequidt

    Nouvelles 

     

     

                 Nous étions tous assis dans le bus, très fatigués. Il s'arrêta devant notre hôtel. Une voix se fit entendre à l'extérieur du bus. Je fus une des dernières à descendre et donc une des dernières à découvrir la personne qui était là pour nous accueillir. Enfin, la personne qui n'en était pas une.

     

     

    • Irasshaimase !

     Ce son sortait de la bouche ... d'une grenouille.  Oui, vous avez bien lu : une grenouille, l'animal sautait sur place en criant. Il donnait l'impression de sourire. Enfin, l'impression bien sûr puisque c'était une grenouille. A ce moment là, je me suis dit que maintenant c'était sûr, j'étais en train de devenir folle, complètement dingue. Je regardai les autres tout autour de moi : leurs visages fatigués et passifs m'indiquèrent que j'étais alors la seule à voir cette étrangeté. Je fis alors une chose jusqu'ici improbable pour nous : j'adressai la parole à une grenouille...

     

    • Konnichiwa !

    Le groupe s'avança vers l'entrée de l'hôtel. Et les grenouilles, désormais nombreuses, s'affairaient et s'aidaient pour apporter nos valises. Je détournai les yeux et suivis mon groupe en secouant la tête.

     

                 Le Hall de l'hôtel était immensément grand. Les plafonds étaient si hauts qu'il fallait presque se décrocher le cou pour les apercevoir !  Alors, oui, je reconnais que nous étions dans un hôtel très luxueux. Mais ici régnait une ambiance spéciale, complètement décalée. J'avais l'impression d'avoir quitté notre planète. Puis l'étrangeté reprit le dessus et je découvris des girafes, beaucoup plus immenses que la normale. Elles s'affairaient toutes derrière la réception. Et puis, là sur la droite, il y avait de nombreux singes. Mais qu'est-ce que c'est que cet hôtel ? Mis à part les touristes que nous avons croisés, il n'y a que des animaux. Et pas les plus basiques ! Tous ces animaux habillés en portier, manager... Nos professeurs nous disent de nous installer tranquillement sur les canapés, les chaises qui venaient d'être replacées par les singes justement. J'avais la tête embrouillée, je ne comprenais plus rien. Je regardais autour de moi, contemplant un vrai zoo. Puis, nos chambres nous furent attribuées, et nous suivîmes un singe qui poussait un chariot de valises.

     

                 Dans l'ascenseur, j'eus une nouvelle surprise : les boutons qui devaient indiquer les étages n'étaient pas là. Ils étaient remplacés par deux flèches : une vers le haut et l'autre vers le bas. Lorsque le singe vit le chiffre trois s'afficher, il appuya sur la touche « open ». Un large hall s'étalait devant nous. Bien sûr des distributeurs attendaient dans un coin. Nous avions juste le temps de découvrir notre chambre, que nous occupions par groupe, et d'y retrouver nos affaires car nous avions rendez-vous dans le hall, pour cause : l’estomac sur les talons...

     

                 Une fois revenus du restaurant, mes amis et moi voulions partir à la découverte de l'hôtel. Nous prîmes donc l'ascenseur et nous appuyâmes sur la flèche vers le haut. Les chiffres se mirent alors à défiler. Et à ne plus s'arrêter. Je regardais mes amis : aucune réaction. Je dis alors :

     

    • C'est  pas un peu bizarre ? Pourquoi il ne s'arrête pas ?
    • Et bien attends deux minutes quand même, on vient de monter !

    D'accord. D'accord alors. Mais il y a vraiment un problème quand même là, ce ne sont plus des chiffres, mais des nombres, de très grands nombres : 270, croyez-vous qu'un hôtel peut avoir jusqu'à 270 étages ? Et même plus ?! Pour arrêter cette machine, j'appuyai sur « open ». Les portes s'ouvrirent sur un long couloir, très large et très haut. Trop haut pour n'être qu'un étage... J'avance un peu, je vois de la lumière un peu dispersée dans le long couloir alors qu'il fait sombre. Au loin, je vois avancer deux hommes en costumes. Je remonte donc dans l'ascenseur. Nous rentrons dans nos chambre, nous étions assez fatigués du voyage, donc cette soirée ne s'éternisa pas.

                  Je fis le bilan dans mon lit. Je suis donc au Japon, dans un hôtel luxueux mais animé par des animaux en tous genres, et surmonté d'innombrables étages ! Et j'ai bien l'impression d'être la seule à remarquer cette bizarrerie. Etrange, vraiment. Je finis par m'endormir.

     

                  Le lendemain matin, le réveil fut quelque peu difficile suite au décalage. Mais une douche à la japonaise me mit en forme tout de suite. Puis nous sortîmes pour aller prendre notre petit déjeuner. Sauf que dans notre long couloir se trouvait un chariot, plein de serviettes de bain, et de produits de nettoyage. Ah, à ce moment nous pensâmes que nous aurions peut-être dû ranger un peu plus nos affaires au lieu de les éparpiller un peu partout dans la chambre. Les femmes de ménage... Dans notre chambre, c'est sûr qu'elles ont eu du travail... Nous avancions pour descendre par l'ascenseur lorsque qu'une « femme de ménage » sortit d'une chambre voisine. Je poussai un cri : non, ce n'était pas une femme, ni un humain d'ailleurs. Un mille-pattes de la taille des coccinelles de Shinjuku se trouvait devant nous. Surprise par mon cri, la bête lâcha ce qu'elle tenait. Elle me fixa de ses grands yeux. Un mille-pattes dans le costume de femme de ménage traditionnel. ET qui parle bien sûr ! Je fus choqué et fermai les yeux. 

                   Je me sentais secoué, dans tous les sens. J'ouvrais les yeux. Mes amis, autour de moi, semblaient inquiets. Je regardai autour de moi. Nous étions tous assis dans le bus, très fatigués... 


    5 commentaires
  • Neuf nouvelles s'inspirant de notre voyage sont en cours de finition ... et on en attend d'autres.

    Il y est question d'un peintre dans son parc, d'un hôtel très angoissant, d'une jeune fille un peu loufoque dans un temple, d'un garçon cloué à son banc, des états d'âme d'un petit vendeur et de ceux d'une jeune vendeuse, d'un distributeur voyageur, d'un ascenseur fantastique ou bien d'une fashion victim à la japonaise.

    Certaines nouvelles essaient de nous amuser, de raconter des futurs souvenirs ou bien de nous faire réfléchir.

    Très prochainement, vous pourrez les lire dans une nouvelle rubrique (en haut à gauche) et découvrir les illustrations qui les accompagnent ... soyez patients !

    3 commentaires
  • Manuel Tardits propose sa photo pour le concours. Là, on est tous battus !



    Concours photos


    2 commentaires
  • Principe : Pour voter, vous choisissez trois photos que vous classez dans votre ordre de préférence et après, on compte les points (1er = 3 pts, 2ème  = 2 pts, 3ème  = 1 pt)

    Tous les visiteurs du blog peuvent voter mais :
    -  les corotzilleuses-eurs ne peuvent pas voter pour leur propre photo
    -  les  votants limiteront leur vote à une seule participation

    Pour voter, c'est simple, déposez votre classement dans un commentaire au bas de cette page (cliquez sur "... commentaires")

     

         

     


     

        Pagode, Nikko. (Caroline Scripczak)


    Concours photos
     

     


     

         La baie de Tokyo depuis le Rainbow Bridge. (Kahina Méouak)


    Concours photos
       

     

     

     


     

        Porte du temple Senso-ji, Tokyo-Asakusa. (Clémence Courtiol)


    Concours photos

     


     

       Temple  Futarasan-jinja, Nikko. (Myriam Géraert)


    Concours photos

     

      

     


     

          Le Grand Bouddha, Kamakura. (Clément Dequidt)


    Concours photos 

     

      

     


     

        Parc du Palais impérial, Tokyo. (Justin Jombart)


    Concours photos 

     

     

     


     

     Métro, Tokyo. (Elise Dewez)

     

      

     

       Concours photos

     

     

     


     

         Pont vers le parc Yoyogi, Tokyo. (Hamza Abbas)


    Concours photos 

     

     

     


     

         Tablettes de voeux (Imane Ziouche)


    Concours photos

     

     

     


     

     Mairie de Tôkyô, Shinjuku. (Emilie Hermant)

     

      Concours photos

     


     

     Jardin du Temple Hase-dera, Kamakura (Justine Carlier)


    Concours photos

     


     

     Cocoon Tower, quartier de Shinjuku. (M.François)

     

     Concours photos

     

     


     

      Pruniers en fleurs (Amélia Bouchard)

     

      Concours photos 

     


     

     Fillettes benissant un Bouddha enfant, temple Hase-dera, Kamakura (Ch. Crestani)

    Concours photos
     

     


    (Gaelle Méhard)

    Concours photos


     


    Mariage shinto. (Annabelle Dagniaux)

    Concours photos


     


    69 commentaires
  • Chère Corotzilleuse-eur,

    Et si on organisait un petit concours de photos sur le blog ?

    Vous nous faites parvenir à l'adresse corotzilla@orange.fr  ce que vous pensez être votre meilleure photo de notre séjour à Tokyo ou celle qui pour vous représente le mieux notre voyage, on affiche les 15 et on demande aux visiteurs  du blog de donner un trio gagnant (on fait ça "à la Florent Chavouet" pour ses concours de sushis-makis http://florentchavouet.blogspot.com/2010/01/lheure-de-verite.html) !

    Merci d'accompagner vos photos d'une légende : lieu, date, votre nom.

    Allez, tout le monde s'y met le plus vite possible, je publie les photos dès que je les reçois !

    Sinon, je rappelle que nous avons des travaux en cours qu'il faut faire avancer :

    - les articles pour le Petit polyglotte et pour la presse locale (Hamza, Emilie)

    -  les nouvelles imaginaires (ou pas)  : Marina : les temples, Imane : la Dame aux Chiens, les distributeurs de boissons, les Sumos, Kahina : les tours, Annabelle : un parc, Hamza : Nikko, Justin : les aéroports et un poème sur les distributeurs de boissons, Elise : les ascenseurs, Caroline : les rituels de purification.

    - des travaux d'exposition : les carnets de voyage (Imane, Annabelle, …), les cartes et itinéraires des lieux visités (Clémence, Justine), Habiter la ville (Justin, Annabelle), rencontre avec M. Tardits (Hamza) et Nagashima Yu (Emilie), le rapport au divin et au sacré (Gaëlle, Clément, Marina), plein de dessins et d'illustrations (Clément, Myriam).

    - la leçon de terminale sur la mégalopole japonaise (les élèves de TL1).

    Bon courage à tous !



    3 commentaires
  • "Il faut l’avouer, on est peut-être passionné par ce pays, on s’est informé, mais tant qu’on n'y est pas parti au moins une fois, on est toujours un peu submergé  par des tonnes d’idée reçues. Cette semaine était pour moi un gros point positif dans la préparation de notre voyage.

     Les invités nous ont  vraiment aidés à chasser quelques idées un peu bêtes que l’on peut parfois avoir sur le Japon, comme l’a parfaitement fait par exemple :

    Philippe Pelletier;  nous savons tous que le Japon est une grande puissance économique et on a tendance à penser que les japonais vivent entourés par l’électronique, ou alors, on visionne plutôt bien leurs jardins, la cérémonie du thé, les Kimonos.

    Mais jamais on ne penserait que sur certaines îles, des japonais ont pour coutume de porter des masques absolument impressionnant comme on pourrait en voir en Nouvelle Papouasie. C’est l’une des choses qui m’a le plus marquée et qui m’a vraiment donné l’envie d’être sur l’une de ses îles que comporte l’archipel, pour y découvrir leurs mœurs et surtout pour y voir jusqu’où les Japonais peuvent nous étonner aussi bien concrètement que par des légendes.

    Mme Bendler et Mr.Chavouet ont aussi insisté pour briser l’image froide que certaines personnes se faisaient des japonais, qui sont en fait très chaleureux, tant que l’on fait attention et que l’on applique  leurs codes qui peuvent nous sembler un peu simplistes, mais qui s’avoueraient être très importants  pour eux;  sous peine de se retrouver dans des situations insolites comme l’aventure qu’à vécu Florent Chavouet avec son vélo volé.

    Quand j’ai vu à quel point les invités de cette semaine Japon étaient entraînés et passionnés par le fait de partager leurs péripéties au Japon, j’ai vraiment eu la sensation que nous allions partir non pas dans un autre pays, mais plutôt sur une autre planète, ce qui a totalement changé ma vision du pays.

    Je sais maintenant que je ne sais rien du Japon, ma curiosité n’a fait que se décupler et j’attends avec impatience d’y être pour découvrir quelle est cette chose qui fait qu’une fois revenu, on veut y retourner."

    Elise Dewez

     

    […]"notre vision générale du Japon a radicalement changé, les clichés et idées reçues ont été abordées mais facilement mis de côté «  Ne penser pas comme tout le monde et faites vous  votre propre opinion de ce pays car les apparences sont trompeuses  » voici, à mon avis, ce que nos invités ont voulus nous faire comprendre."

    Amélia Bouchard


    […] "Les conférences qui eurent lieu durant la semaine du 1e au 6 février nous permirent à nous autre du club Japon et aux participants (professeurs, élèves…) de découvrir et redécouvrir le Pays du Soleil Levant, mais surtout d’accroître notre intérêt pour ce fabuleux pays. Nos invités nous offrirent leur vision et leur savoir sur le Japon en nous le présentant de manière simple."

    Imane Ziouche


    "La semaine Japon au lycée Corot était donc très instructive et enrichissante. Elle nous a permis d'enrichir nos connaissances de manière considérable et de détruire certains clichés que l'on pouvait se faire sur ce pays. Nous avons une vision plus réaliste du Japon grâce à tous ces conférenciers qui ont eu la gentillesse de se déplacer pour nous. Je les en remercie car ils m'ont montré un nouveau Japon et ont changé ma vision de ce pays. Maintenant j'ai hâte d'y être et d'avoir ma propre approche et expérience de ce pays afin de voir si ma vision du Japon se rapproche de la leur."

    Gaëlle Méhard



    "Je pensais connaître assez de choses sur le pays du soleil levant pour y aller, mais je ne m’attendais pas à être si ignorante sur certains détails. J’ai appris beaucoup de choses lors de cette semaine […]
    Nous remercions les invités d’avoir accepté de venir à notre rencontre […]En bref, une semaine d’apprentissage et un empressement d’être sur place !"

    Myriam Geraert


    votre commentaire
  • Aux trois lecteurs de Barococo :

    N'oubliez pas de lire le plus vite possible Barococo de Yu Nagashima et de la rapporter mercredi pour que d'autres puissent découvrir ce très beau livre avant la rencontre avec son auteur. MERCI

    1 commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique